Gisèle Séguin – artiste peintre
« L’homme ne tisse pas la toile de la vie, il n’en est qu’un fil. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même. » — Chef Seattle
Chez Gisèle Séguin, la paix ne se limite pas à l’absence de conflits. Elle commence dans le regard porté sur l’autre, dans le temps que l’on accepte enfin de ralentir, dans cette capacité presque oubliée à ressentir profondément le monde qui nous entoure. Très sensible à l’humain, l’artiste observe avec inquiétude une société qui s’accélère sans cesse, fragilisant peu à peu les êtres et leur équilibre intérieur. Pour elle, le monde va trop vite. Les journées défilent, les parents courent, les enfants accumulent les activités, et chacun semble avancer dans une urgence permanente qui épuise les corps autant que les esprits.
Elle, au contraire, garde en mémoire une enfance plus douce, plus lente, où le temps laissait encore de l’espace à l’observation, au silence et à la contemplation. Cette nostalgie d’un rythme plus humain nourrit aujourd’hui profondément sa démarche artistique. Dans ses œuvres, Gisèle Séguin invite à faire une pause. À regarder véritablement. À écouter. Les yeux occupent d’ailleurs une place essentielle dans son univers. « Les yeux, c’est l’âme », confie-t-elle. À travers ses portraits, elle cherche le cheminement intérieur de l’autre, cette humanité fragile que les jugements rapides finissent parfois par effacer.
Car, pour elle, la paix passe aussi par la compréhension. Elle regrette un monde devenu trop tranché, où les nuances disparaissent peu à peu au profit d’oppositions constantes, où tout semble désormais noir ou blanc. Pourtant, elle croit profondément aux zones grises, aux dialogues, à cette capacité d’apprendre les uns des autres plutôt que de se confronter sans cesse.
Dans ses œuvres abstraites, elle traduit cette quête d’harmonie par la couleur, la matière et le mouvement. Ses compositions deviennent alors des espaces sensibles où l’émotion retrouve sa place. Elle rappelle aussi l’importance de se reconnecter à la nature, à la beauté des paysages, à la simplicité d’un sourire échangé. Pour Gisèle Séguin, la paix commence peut-être là : dans ce moment où l’on accepte enfin de se voir à nouveau comme des êtres humains liés les uns aux autres par une même lumière intérieure.
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