Yvette Velay – artiste peintre

Yvette Velay – artiste peintre

Signes-n-65-Acrylique-sur-toile-40-cm-x-40-cm

« La peinture est muette et la poésie la rend parlante. » — Henri Matisse

Depuis plus de vingt ans, Yvette Velay construit une œuvre où chaque création semble prolonger la précédente comme les chapitres d’un même dialogue intérieur. Rien, pourtant, ne la destinait à cette voie. Si elle a toujours aimé le dessin, la peinture et les galeries d’art, c’est à l’âge adulte, alors qu’elle vit en Normandie, qu’un besoin irrépressible de créer s’impose à elle. Elle rejoint alors l’Académie d’Art Libre des Beaux-Arts de Rouen où un professeur décèle très tôt ce qu’il appelle un « lyrisme » déjà présent dans son travail.

De cette période d’apprentissage naît une quête qui ne la quittera plus : celle de la justesse. Fascinée par la couleur autant que par le trait, elle explore le dessin, le modèle vivant, la peinture chinoise et la calligraphie. Elle s’intéresse à la maîtrise du geste, à son exigence, à sa précision. Longtemps, avant même de peindre, elle pratique des exercices calligraphiques pour préparer sa main, son regard et son esprit.

Mais, chez Yvette Velay, la rigueur n’exclut jamais la liberté. Peu à peu, elle laisse les couleurs se rencontrer seules, accepte l’accident, projette la matière, engage le corps tout entier dans l’acte de créer. Son travail évolue vers un équilibre subtil entre discipline et lâcher-prise, entre conscience et inconscient : une démarche presque méditative, nourrie par des carnets remplis de recherches, de signes et de traces qui, un jour, finissent par révéler une image.

Cette recherche d’unité trouve un écho particulier dans cette édition consacrée à la paix. Car, pour l’artiste, la paix ne se proclame pas : elle se cultive. Elle naît d’un dialogue intérieur entre le cœur et l’esprit, entre ce qui est maîtrisé et ce qui surgit spontanément. Peindre devient alors une manière de se retrouver, d’exister pleinement et de faire émerger une cohérence intime entre elle et ses semblables.

 

Même lorsque ses œuvres abordent des tonalités plus sombres, elles demeurent traversées par une profonde jubilation de vivre. Dans « Espérance », des fils électriques deviennent des fleurs, des objets ordinaires retrouvent une dignité nouvelle. À travers son regard, le monde cesse d’être uniquement fonctionnel pour révéler sa poésie cachée.

Inspirée aussi bien par les premiers artistes de Cro-Magnon que par les grands maîtres modernes, Yvette Velay invite chacun à regarder autrement. Et, peut-être, à comprendre que la paix commence précisément là : dans cette capacité à redonner du sens, de la beauté et de la valeur à ce qui nous entoure.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le
Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest

Comments are closed.