Christine Collard artiste peintre
« Quand je suis dans ma peinture, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C’est seulement après que je vois ce que j’ai fait. » – Jackson Pollock
Institutrice de formation, Christine Collard n’a jamais appris l’art dans les codes. Rebelle de naissance, elle n’aimait ni copier ni suivre des lignes tracées à l’avance. Petite, on la disait “pas bonne en dessin”, mais elle, déjà, savait l’essentiel : on ne crée pas avec la tête, on crée avec ce que l’on ressent. Avec ses élèves, elle n’enseignait pas la reproduction mais l’écoute de soi. Jamais de copie. Seulement l’instinct et la liberté.
En 2010, lors d’un stage chez l’artiste Monique Prignon, qui lui ouvre un espace où tout est possible, un premier basculement s’opère. À ses côtés, son mari Jean-François joue un rôle déterminant : il l’encourage, lui aménage un atelier, l’accompagne dans chaque exposition, de l’éclairage à l’accrochage. Une présence discrète mais essentielle. Il est décédé il y a un an et elle tient à le remercier profondément.
Viennent ensuite les matières, les pigments, le ciment. Elle ramasse dans les carrières de pierres bleues, collecte des fragments, des objets, des poteaux rouillés. Elle aime ce qui a vécu. Très vite, elle s’éloigne des couleurs “sorties du tube”, préférant la matière brute, vibrante, presque organique.
En 2013, elle rejoint une académie de peinture : elle cherche l’esthétique, et Patrick Brichard l’invite au lâcher-prise.En 2014, elle commence l’huile. En 2016, elle entre à l’académie de Wavre pour un an. En 2018-2019, elle travaille régulièrement dans l’atelier de Karin Truffino, où elle apprend les techniques des anciens.
Avant, elle peignait avec ses tripes. Aujourd’hui, elle peut partir d’un mot, d’un artiste, d’une idée… qu’elle transforme à sa manière. Très cérébrale au quotidien, elle se libère totalement lorsqu’elle peint. Pendant le Covid, elle peignait juste pour peindre, par nécessité vitale.
Sa création évolue sans cesse. À travers ses personnages, elle transmet une présence, parfois des thèmes bibliques revisités avec humour. Elle peint sans intention figée, s’arrête quand l’émotion se pose, et n’hésite pas à défaire pour recommencer. L’erreur n’est jamais une faute mais un passage.
Dans son atelier, elle travaille sans règles imposées. Pour elle, chacun est son propre mode d’emploi. L’essentiel : rester soi-même, libre, ne jamais savoir exactement ce que l’on peindra demain. Comme la vie : toujours en mouvement. Et c’est ce mouvement-là qu’elle dépose, jour après jour, sur la toile.
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