Clémentine Babb – Artiste sculptrice

Clémentine Babb – Artiste sculptrice

ÉCRITURE faïence blanche + émail orange 70x35 cm

« Je fais confiance à la matière, elle en sait plus que moi. »— Barbara Hepworth

Clémentine Babb a toujours été attirée par les belles choses, celles qui portent une mémoire, une vibration du temps. Ancienne professeure de yoga, elle a longtemps évolué dans l’univers de la maison aux côtés de son mari, avant que la terre ne s’impose à elle comme une évidence. Il y a une quinzaine d’années, une amie lui propose de s’inscrire à un atelier de tournage à Vallauris. Clémentine a alors une quarantaine d’années. Le coup de foudre est immédiat.

Elle s’y rend une fois par semaine pendant deux ans puis passe une année d’exploration entre peinture, dessin et modelage avant d’intégrer les Beaux-Arts de Cannes sur modèle vivant. Elle y apprend le corps, les postures, le mouvement habité. Mais très vite, copier l’ennuie. Elle ressent le besoin de créer librement, presque en autodidacte. Son professeur l’encourage alors à prendre un atelier : son chemin se précise.

Clémentine travaille la terre comme un sculpteur instinctif. Elle monte la terre, tourne autour et se laisse guider par ses mains. Le toucher est essentiel. Elle façonne directement ce qui vit dans sa tête, sans intellectualiser. Nourrie de ce qu’elle observe au quotidien, elle travaille avec ce qu’elle porte déjà en elle. Si quelques idées guident le départ, elle laisse toujours une place au hasard, portée par la technique et par son besoin de créer.

Ses figures humaines sortent des codes : libres, mouvantes, profondément ancrées. Sa collection androgyne brouille les frontières tandis que les rubans évoquent la légèreté avant que la série Ancrage ne s’impose, plus dense, plus terrienne, les Olympiennes plus sereines, les Séraphiques protègent, les Tranquilles Intranquilles observent et les bienfaisantes voyagent. Très attachée à ses œuvres, Clémentine cherche la personnalité de chaque terre, notamment le grès qu’elle laisse s’exprimer avec le moins possible d’interventions.

Ses sculptures demandent du temps. Elles ne se livrent jamais au premier regard. Les détails émergent, la lecture se transforme, le mouvement se révèle. Rien n’est figé, tout est vivant. Clémentine ne cherche pas à transmettre un message précis : elle laisse chacun construire sa propre histoire.

 Les œuvres de Clémentine Babb ne cherchent ni à s’imposer ni à expliquer. Elles respirent, vibrent, semblent presque se déplacer sous le regard. Clémentine ne raconte pas une histoire : elle ouvre un espace. À chacun d’y déposer la sienne, d’y trouver son propre ancrage.

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