Gisèle Seguin – artiste peintre

Gisèle Seguin – artiste peintre

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« La couleur est l’endroit où notre cerveau et l’univers se rencontrent. » – Paul Cézanne

Tout a commencé très tôt comme chez ceux que l’art choisit avant même qu’ils ne le sachent. Enfant déjà, elle dessinait sans relâche, pendant les repas, dans les instants de calme volés à l’agitation du quotidien. Dès qu’un espace de tranquillité s’ouvrait, le crayon surgissait. Elle scrutait les visages, surtout les yeux. Les yeux, ce lieu fragile où tout se dit sans mots. Hypersensible à l’humain, elle dit lire les âmes à travers les regards. Elle aimait aussi la beauté, les couleurs, leur vibration intime.

Curieuse de nature, elle observe, elle cherche. Très jeune, chez son grand-oncle, une révélation : la laine, les teintes et, surtout, ce turquoise resté gravé à jamais. Elle pouvait déjà passer de longues minutes à contempler une couleur. L’enfance la marque par son aptitude au dessin, à l’observation, au regard juste. Elle s’inspire de sa famille, de son environnement avec, déjà, cet œil presque photographique. Enfant, elle réalisait les portraits des siens comme pour en garder trace.

Puis viennent les formations. Elle choisit ses enseignants à l’intuition, au ressenti. Elle se forme au musée des Beaux-Arts de Montréal, découvre la matière, l’empâtement, la pâte à modeler, les textures vivantes. Elle touche à la décoration, la céramique, le tissage et les explore mais le dessin et la peinture restent son socle. Elle aime la profondeur, les reliefs, la matière qui accroche la lumière. L’encaustique la fascine, ce travail de cire et de pigments, jusqu’au jour où, par prudence, elle se tourne vers la cire froide et ainsi rejoint le groupe Fuchsia, une famille d’artistes qui se retrouvent chaque mois pour créer ensemble.

Longtemps, le portrait. Puis vient l’abstraction, comme une libération. Ne plus répondre aux commandes, ne plus être contrainte. Pour elle, l’art est sans barrières. Elle ne dessine qu’à partir d’une idée vague qui bifurque souvent. Elle commence par la matière, sculpte la surface, pose le geste, libre, instinctif. Puis la couleur entre en scène. Le mélange la traverse, lui donne parfois des frissons. L’abstrait est plus exigeant, dit-elle : il faut l’équilibre, sentir quand arrêter, quand laisser reposer.

Sa démarche est intuitive, sensorielle. La musique est essentielle lors de la création, choisie selon l’émotion à faire émerger. Elle travaille seule, dans la lumière du jour. Elle aime autant les explosions de couleurs que le dépouillement du noir et blanc, les nuances de gris à l’exemple des photographies anciennes,  avec toujours la délicatesse pour conclure et, toujours, l’émotion comme fil conducteur.

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