Lolo Zazar – artiste plasticien

Lolo Zazar – artiste plasticien

PAPILLON BUFFLE

« L’art vient de la vie et retourne à la vie. » – Anselm Kiefer

Chez Lolo Zazar, l’art n’a jamais été une stratégie : c’est un réflexe, presque un jeu, une manière instinctive d’habiter le monde. Auteur, réalisateur et acteur de séries courtes à la fin des années 1990, il commence par raconter des histoires à l’écran avant de les faire surgir dans la matière. À cette époque, il collectionne pierres et coquillages, attiré par leurs formes, leurs textures, leur mémoire silencieuse. De ces fragments naissent près de quatre-vingts personnages en bois, pierre et coquillages : des êtres singuliers, bruts, profondément vivants.

En 1997, il expose au marché d’art contemporain de La Bastille. Les œuvres plaisent, intriguent, mais se vendent peu — trop accessibles presque trop sincères. Ce décalage agit comme un déclencheur. Lolo Zazar s’oriente alors vers le métal, suit un stage de soudure et vit ce qu’il décrit comme un véritable flash : les images défilent, l’inspiration s’impose comme un film intérieur. Il sculpte d’abord pour le plaisir dans un petit box puis l’espace grandit, les expositions s’enchaînent. La sculpture devient un langage.

Autodidacte revendiqué, il apprend seul, par l’erreur, sans école ni modèle. Ses premières séries, notamment autour de la figure féminine — exposées à l’Hôtel California près des Champs-Élysées — marquent le début officiel de sa démarche artistique. Puis vient le Vietnam. Là-bas, il mêle laque traditionnelle vietnamienne et inox, créant un dialogue inédit entre tradition et modernité. Il explore aussi le design de lampes associant métal, bois et plexiglas et développe des visages en fil d’aluminium comme des dessins suspendus dans l’espace.

Les visages traversent toute son œuvre. Sa série The Infinite Family en est l’expression la plus intime : une multitude d’identités comme si l’artiste était la somme de plusieurs êtres. Femmes en 3D, sculptures en 2D, laques, lampes, photographies… : tout naît d’un même élan. Lolo Zazar crée pour s’amuser, sans chercher à plaire, refusant les commandes pour préserver une liberté totale du geste.

Partager sa vie entre Paris et le Vietnam, c’est aussi multiplier les rencontres, les expériences, les résonances. Pour lui, une exposition n’est pas une vitrine mais une expérience à vivre — un moment de vérité où l’artiste se retrouve autant que le public.

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