Messodie – artiste plasticienne
« L’art est la signature de l’âme. » — Shelley
Il existe des artistes pour qui la création n’est pas un geste, mais un refuge. Messodie en fait partie. Pendant des années, elle évolue dans un univers structuré, loin des ateliers, loin des matières que l’on modèle et des objets que l’on transcende. L’art vivait en elle, mais en silence. Puis le Covid est arrivé, brutal, emportant une vie entière, des repères, un équilibre. Dans cette rupture inattendue, quelque chose s’éveille. L’art devient une nécessité vitale, la seule façon de respirer autrement, de se redresser quand tout vacille. C’est dans ce chaos qu’elle se retrouve, qu’elle renaît, qu’elle se réinvente, portée par une passion devenue irrépressible.
Son langage familier est immédiatement le baroque. Un langage instinctif, viscéral, qui s’impose à elle comme une évidence. Et le premier langage qu’elle adopte est alors celui du buste féminin : une forme directe, presque intime, qui ne triche jamais. Elle y dépose ce qu’elle a traversé : la fragilité, la dignité, la douceur mais aussi cette force qui se révèle seulement quand tout s’écroule. Ses bustes deviennent des femmes-mondes, enveloppées de dentelles anciennes, de velours profonds, de brocards précieux. Chez elle, le baroque n’est pas un décor, c’est une respiration. Un espace où les détails prennent la place des mots, où les matières racontent ce que l’on ne sait plus dire, où la féminité s’affirme dans toute sa verticalité.
Puis vient naturellement le violon. Pas un instrument, mais un symbole. Ses origines religieuses, parfois lourdes, parfois magnifiques, parfois déracinantes, trouvent dans cet objet une forme de miroir. Le violon porte en lui une tension, une mémoire, une vibration intérieure. Ses courbes rappellent celles du corps féminin et prolongent les bustes comme un second chapitre. Il devient alors un objet-bijou, un objet-identité, un pont entre ce qu’on reçoit, ce qu’on questionne et ce qu’on choisit d’être.
Messodie l’habille comme elle habille ses bustes : matières anciennes, dorures, textures riches, fragments de mémoire. L’instrument perd sa fonction sonore pour devenir un souffle figé, un territoire intime, un fragment d’histoire qu’elle transforme en beauté.
Aujourd’hui, l’univers de Messodie se reconnaît instantanément : un baroque contemporain, féminin, assumé, où chaque œuvre semble être une renaissance. Elle est passionnée par cette capacité qu’a l’art de transformer la douleur en lumière.
Elle ne crée pas pour décorer. Elle crée parce que sa promesse d’artiste est de créer des émotions. D’ancrer ce qui, en elle, cherchait enfin un lieu où exister.
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