Michel Peretti – artiste sculpteur
« L’artiste n’ajoute rien : il révèle. »— Rodin
Chez Michel Peretti, tout commence par la pierre… et par une enfance passée au Louvre, ce temple où les civilisations murmurent encore. Son père y travaille, lui y grandit. Quinze ans à traverser les galeries comme d’autres traversent des continents. Quinze ans à se faufiler dans les ateliers, à regarder les maîtres restaurer, tailler, redonner souffle à la matière. Doué pour le dessin, il copie, il observe, il s’imprègne. Et c’est surtout dans les salles égyptiennes et mésopotamiennes que naît ce premier vertige : celui de la pierre, de sa mémoire, de son poids, de sa lumière silencieuse.
Puis la vie le ramène en Corse. Il choisit l’architecture, la rigueur du bâtiment, les plans, les chantiers,…: une autre forme de création. Mais un jour, quelque chose se fissure. La passion laissée derrière lui frappe à la porte. La pierre demande son retour. Alors il revient à son premier amour, celui qu’il avait trop longtemps mis en veille, et se remet à sculpter.
Chez lui, l’abstraction n’est pas une fuite : c’est un souffle. Le dessin pourrait lui offrir la facilité mais il préfère écouter la pierre. Il la ressent, il la laisse décider. Passionné de géologie, il se promène avec une carte comme on se promène avec un secret. Il part à la rencontre des pierres corses ou de galets trouvés ailleurs, les observe, puis laisse venir les formes à la fois intuitives et architecturales. La matière lui parle, il répond. Un véritable dialogue.
L’ébauche est rapide, presque instinctive. Quelques heures suffisent pour que la silhouette apparaisse. Mais le polissage… c’est une autre histoire. Long, précis, souvent à la main. Une patience presque méditative. Car la pierre ne pardonne pas, on ne revient pas en arrière. Alors chaque détail compte.
Michel aime le défi, cette tension qui pousse à se surpasser. Il retravaille, modifie, cherche jusqu’à ce que la sculpture trouve sa vérité. Grandes pièces sur commande ou formats plus légers, de 15 à 20 cm, qu’il emmène en voyage : tout est affaire de rencontre.
Ses œuvres ont plusieurs faces, parfois six ou sept, certaines brutes, d’autres taillées, d’autres polies. Comme un passage, une initiation. Un écho aux premiers tailleurs de pierre… et à ce garçon qui, au Louvre, avait déjà entendu l’appel.
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