Valérie Pascale Lauzon – artiste sculpteure

Valérie Pascale Lauzon – artiste sculpteure

Hequet

« La beauté naît du dialogue entre la main et la matière. »— Isamu Noguchi

Chez Valérie Pascale Lauzon, la sculpture n’est pas un art figé : c’est un dialogue vivant entre la matière et l’âme. L’histoire commence dès l’enfance, quand sa mère suit des cours auprès de l’épouse du sculpteur Jordi Bonet. Cette proximité initie Valérie à l’univers du modelage et à la sensualité du geste créatif. Très tôt, elle comprend que la sculpture peut être un refuge, un moyen de dire sans mots, de ressentir sans expliquer.

Au fil du temps, elle exerce plusieurs métiers, mais garde la sculpture comme fil conducteur. Depuis toujours, elle est fascinée par les œuvres intégrées à la nature, dont le sanctuaire de William Ricketts en Australie : sculptures primales se fondant dans le paysage, œuvres qui s’abandonnent au vent et à la pluie sans jamais disparaître. Cette fusion entre art et environnement deviendra sa signature.

Le hasard de la vie la mène à recevoir une commande singulière : un monument funéraire. Elle s’investit corps et âme et découvre dans cette expérience la force symbolique du souvenir. D’autres commandes privées suivront, souvent empreintes de spiritualité, dont une pour l’épouse du grand peintre Paul-Émile Borduas, principal rédacteur du manifeste Refus global. Puis, un commanditaire lui laisse carte blanche autour du thème de La Muse endormie de Brancusi. Libérée des contraintes, Valérie Pascale trouve alors son langage : une sculpture à la fois solide et sensible, tournée vers l’éternité.

Depuis un an, elle s’est installée dans son propre atelier à Frelighsburg, où elle crée en toute autonomie. Entourée d’une nature sublime autant qu’inspirante, elle travaille la terre qu’elle cuit ou fait couler en bronze avant de la monter sur pierre. Ses pièces monumentales, quant à elles, semblent destinées à vivre dehors, à s’ancrer dans la nature.

Ce qu’elle aime avant tout, c’est le contact : la texture de la terre, son odeur, son humidité. Elle façonne sans modèle, se laisse guider par ce que la matière lui murmure. Chaque pièce naît d’une intuition, d’un abandon. Elle ne cherche pas la perfection, mais la beauté du vivant : celle des imperfections, des fissures, des os, des crânes ou des empreintes laissées par le feu.

Son œuvre, organique et sincère, reflète une quête d’authenticité. Entre solidité et fragilité, entre silence et mouvement, Valérie Pascale Lauzon sculpte des formes qui défient le temps — des fragments de nature habités d’éternité.

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