Majo Marchand – artiste peintre, plasticienne

Majo Marchand – artiste peintre, plasticienne

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Le sociologue Elvis Abou écrit : « Dieu créa l’homme fort et mit en lui une faiblesse. Il créa la femme faible et mit en elle une force ». Le paradoxe de l’Homme, de l’humain en général, la force des muscles saillants mis en parallèle avec la « faiblesse », la vulnérabilité de son corps quand, dans l’imagerie médicale, on cherche l’origine d’un problème : c’est ce que Majo Marchand met dans son art depuis plus de 40 ans.

Son travail se construit en effet autour de l’humain. Le philosophe Emmanuel Kant définit l’homme comme un solitaire qui a besoin des autres et c’est cette dualité qui passionne l’artiste. Pendant longtemps, elle travaille sur des modèles vivants, des hommes avec un corps fort. Puis elle découvre la beauté de l’imagerie médicale quand on la sort de son contexte pathologique. En mettant en avant le côté géométrie sacrée de l’intérieur de notre corps, elle en crée des dessins apaisants ou des gravures lumineuses comme des mandalas colorés ou encore des radios qui deviennent, par la magie de son instinct créatif, des œuvres d’art sorties d’ailleurs. Son travail et son exploration prennent du temps. Pour commencer, il faut trouver la « perle ». Dans la collection d’images médicales qu’elle a préalablement ramassées dans des déchèteries spécialisées, elle trouve la radio, le scanner, cette image qui lui donne l’inspiration, puis elle peint ou grave en mettant en avant certains traits et la beauté du corps et du système humain. « Chez moi, la représentation du corps est un prétexte pour parler de l’humain, chaque être étant singulier , unique , il se débat dans son cadre où la force se confronte à la vulnérabilité . Apparence , intériorité ; chacun de nous vit à travers ces deux dimensions » . Pour parler du corps, elle met ses modèles vivants dans différentes positions, mettant en avant leur force physique, à travers des muscles bien dessinés.

Son évolution artistique est à l’image de celle de l’homme et son inspiration varie de la même manière que cette évolution : d’abord la solitude, puis les situations sociales ; l’homme crée ses relations et Majo Marchand l’observe dans les parcs, les plages ou les bars puis dans sa spiritualité et enfin sa rupture. Dans sa dernière collection, elle s’intéresse à la chute de l’homme, celle que l’on observe dans notre société actuelle où la guerre prend de plus en plus de place.

Sa peinture n’est pas linéaire et souvent les idées lui viennent en rêve. Une image lui vient : elle analyse alors sa sensation et cherche comment matérialiser le fruit de sa réflexion de manière crédible. Tout est pensé jusqu’aux matériaux utilisés, comme par exemple la matière de l’acrylique ou l’oxydation qui donne à ses œuvres le résultat du temps qui passe. Enfin le résultat : elle se découvre à travers ses créations et laisse le spectateur dans de nombreuses interrogations. Il devient acteur et peut alors regarder les tableaux comme les pages d’un livre.

Formée à l’université, Majo Marchand a une licence et une maîtrise d’arts plastiques et ses créations sont exposées de manières régulières en France et dans des collections du monde entier.

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