Angélique Poty – artiste peintre

Angélique Poty – artiste peintre

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« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » — Antoine de Saint-Exupéry

Toute sa vie semble avoir poussé comme les branches d’un arbre, dans plusieurs directions à la fois. Angélique Poty parle d’un parcours « arborescent » fait de mondes traversés, de métiers embrassés et d’une hypersensibilité devenue langage. Les autres, elle les aborde presque instinctivement, comme un scan. Elle observe, ressent, absorbe. Avec, toujours, cette même nécessité : la douceur.

Avant la toile, il y eut la peau. Maquilleuse professionnelle pour le théâtre et le cinéma, esthéticienne, créatrice de vêtements, Angélique a longtemps transformé sans dénaturer. Sublimer un visage, apprivoiser un complexe, habiller un corps ou métamorphoser un intérieur : autant de façons de poser ses mains sur le monde.

La peinture sur toile est pourtant récente. Aucun cours, aucune académie. Peut-être un héritage silencieux. Belgo-polonaise, elle évoque cette grand-mère marquée par les camps, artiste jusqu’à un âge avancé, peignant des icônes, des œufs d’oie ou des paysages de neige, à la lumière du jour et parfois à la loupe. Du côté maternel, c’est la musique qui habite la famille. Dans ses tableaux, les deux lignées semblent enfin se rejoindre.

Angélique ne dessine rien avant de commencer. Elle approche sa toile avec le respect que l’on accorderait à un être vivant. Puis vient le rituel : un environnement cosy, des bougies, une musique choisie selon l’émotion du moment. Klimt, qui a bercé sa jeunesse, n’est jamais très loin. Les lignes surgissent, les courbes s’entrelacent, les couleurs dialoguent. « Ce sont mes sens qui dansent dans la toile. »

Même le format dépend de son état intérieur. Elle ne s’oblige jamais à peindre : elle peint dans la joie.

Cérébrale et profondément poétique, elle développe notamment une série consacrée à l’amour et à notre capacité à nous y ouvrir. Dans son univers subsiste aussi quelque chose des contes qui l’ont marquée, de Peau d’Âne à La Belle et la Bête : l’idée qu’au-delà des apparences existe toujours un autre niveau de lecture.

Car ses œuvres sont habitées de codes, de chiffres, de symboles et de messages universels. Elles parlent d’espérance, de foi, d’élévation et de frontières à dépasser.

Après avoir tant exploré, Angélique Poty a aujourd’hui posé ses valises. Heureuse d’être peintre, elle semble avoir enfin trouvé l’endroit où tous ses chemins pouvaient se rencontrer.

Mais pas celui où ils s’arrêtent.

Elle a encore beaucoup de rêves. Et surtout, beaucoup de mondes à ouvrir.

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