Anna Kormilitsina – Artiste plasticienne, sculptrice

Anna Kormilitsina – Artiste plasticienne, sculptrice

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« L’art est mystère et foi, il n’est pas une formule. » — Constantin Brâncuși

Née à Moscou en 1976, Anna Kormilitsina crée des mondes bien avant de savoir qu’elle sera artiste. Enfant, elle modèle sur l’étagère de sa chambre une ville entière en pâte à modeler, peuplée de personnages, de maisons et de lacs. Elle rêve pourtant de devenir patineuse artistique, jusqu’à ce qu’un grave accident, à sept ans, lui interdise définitivement le sport. Sa décision est immédiate : elle sera artiste.

À dix ans, elle entre en école d’art puis poursuit sa formation à l’université, spécialisée dans la création de poupées et de jouets. Elle choisit l’univers de la marionnette, fascinée par une discipline mêlant sculpture, peinture, stylisme et travail des matières.

Après ses études, Anna rejoint comme artiste un institut de recherche en psychologie. À partir des recherches et méthodes développées par les scientifiques, elle crée poupées, masques et objets artistiques destinés au travail des psychologues avec leurs patients. Cette expérience lui révèle autant la puissance de la psychologie que la dimension thérapeutique que peut revêtir la création.

Parallèlement, Anna crée ses propres poupées en papier mâché. Elle aime les possibilités infinies qu’elles lui offrent : une seule œuvre lui permet d’être à la fois sculptrice, peintre, styliste et même coiffeuse.

Mais depuis l’enfance, une autre matière la fascine : le bois. Regarder quelqu’un le sculpter la plonge presque en état d’hypnose. Vers 1996, elle achète ses premiers outils et découvre enfin ce qui deviendra essentiel à son travail.

Aujourd’hui, Anna sculpte ses formes dans le bois, puis les enrichit parfois de coquillages, de plumes, d’os d’animaux, de fragments de céramique, de pierre naturelle ou encore de cuir. Ces matières deviennent alors partie intégrante de l’œuvre.

Sa technique commence pourtant par l’absence de plan. Anna ne dessine aucun croquis. Elle saisit un morceau de bois et commence à sculpter sans savoir quelle forme en émergera. Une jambe peut apparaître en premier, puis un corps, un visage… L’œuvre se construit sous ses mains dans un processus qu’elle décrit comme une méditation, presque une addiction.

Anna ne connaît parfois son personnage qu’une fois le dernier geste accompli. Alors, elle l’observe, dialogue avec lui et découvre son identité et son nom.

Elle ne cherche ni à imposer un message ni à provoquer une émotion particulière. Ses sculptures existent désormais par elles-mêmes et elle refuse volontiers les longues explications qui enfermeraient le regard dans une interprétation.

À chacun d’y rencontrer une émotion, d’inventer une histoire et de conserver cette liberté.

Anna Kormilitsina, elle, a déjà tout dit : elle a sculpté.

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